20.02.2009
2009... une date de commémoration !
2009 est une année particulièrement musicale. Les anniversaires mettent à l'honneur 3 musiciens de première valeur, tous germaniques et de style comme d'esthétique, parfaitement distincts: Mendelssohn, Haendel et Haydn.
Félix Mendelssohn, le prince romantique, est né le 3 février 1809 à Hambourg (bicentenaire de la naissance).
Le baroque, génie de l'opéra et de l'oratorio à Londres, Georg Friedrich Haendel, est décédé le 14 avril 1759 (250ème anniversaire de la mort).
Enfin, nous commémorons également le classique Joseph Haydn, inventeur du quatuor et de la symphonie. 2009 marque le bicentenaire de la mort de Joseph Haydn, survenue le 31 mai 1809.
Le Choeur Universitaire de Liège a programmé, pour son concert de printemps (30 avril 2009 à l'Eglise Saint-Jacques), le grand Félix Mendelssohn.
Voici quelques informations intéressantes à propos de cet immense compositeur.
Quand il dévoile aux Berlinois médusés et conquis, la puissante prière de la Saint Matthieu en 1829, Mendelssohn seulement âgé de 20 ans, s'affirme comme la personnalité musicale la plus talentueuse et la plus audacieuse de son temps. Cultivé, engagé, chef et compositeur, le musicien allait aussi composer dans l'admiration de Bach et de Haendel, plusieurs chefs d'oeuvre sacrés dont ses oratorios Saint-Paul et Elias sont les pièces maîtresses.
A 20 ans, Mendelssohn est l'apôtre de Bach et de Haendel ; il est le défenseur des anciens ; pour lui il n'y a pas de césure entre les siècles mais une continuité qui mêle présent, future et passé. Mendelssohn s'intéresse à Haendel et Bach, mais aussi nombre de compositeurs (Pergolesi, Lotti, Palestrina, Haydn, Allegri...). Cette ouverture musicale fera dire à Berlioz que Mendelssohn aimait un peu trop les morts.
Un siècle après sa révision de 1729, la Passion selon Saint Matthieu de Bach est "recréée" sous la direction d'un Mendelssohn de 20 ans, à Berlin, le 11 mars 1829. Mendelssohn est bien le précurseur des Herreweghe, Jacobs, Kuijken, Koopman, Suzuki, ou Junghänel d'aujourd'hui... Certes, il ne joue pas encore sur instruments d'époque mais déjà inspiré par un souci d'authenticité, il reprend les partitions d'époque et en restitue la sève originelle, quitte à la réadapter (réorchestration de certains récitatifs) mais en indiquant explicitement les ajouts ainsi réalisés. Les Berlinois acclament l'oeuvre, sa profondeur, redécouvrent leur patrimoine baroque, et saluent en Mendelssohn, son "prophète".
Exhumateur, Mendelssohn est aussi un chef électrisant et charismatique capable d'emporter autour de son travail, instrumentistes, chanteurs.
Le musicien juif se révéla être plus protestant que ces contemporains, artisan pour la redécouverte des monuments de la ferveur chrétienne. Assimilé, intégré à la société de son temps, Felix se montrait digne héritier de son grand-père, le philosophe Moses Mendelssohn (né en 1729-1786), figure notoire de l'Aufklärung (L'esprit des Lumières). C'est lui qui germanise son nom "Ben Mendel Dessau" en Mendelssohn. Enfant de la pensée ouverte et généreuse de son ancêtre, Félix, juif, fut converti par ses parents au christianisme et baptisé dès 1816. C'est le frère de son père Abraham, Jacob, qui recommanda de porter aussi le nom de sa métairie Bartholdy, qui accolée au nom patronymique Mendelssohn, offrait une preuve éclatante de l'assimilation de la dynastie juive des Mendelssohn au sein de la société berlinoise. Abraham le père, voyait dans son fils Félix, la continuation voire l'aboutissement de tant d'effort d'intégration. Le jeune musicien s'affirmait ainsi à Berlin, comme défenseur et compositeur de musique sacrée.
De fait, Mendelssohn nous a laissé une part importante de musique religieuse, la plus développée même comparée à son oeuvre de musique de chambre et symphonique. Fidèle à l'oecuménisme de son grand père Moses, Félix ose même mêler les différentes confessions dans une même oeuvre.
La Symphonie Lobgesang est créée en 1840 en l'église Saint-Thomas de Leipzig, (l'ombre de Bach n'est décidément jamais loin d'une oeuvre de Mendelssohn) ; la partition commémore l'invention de l'imprimerie. Pour évoquer l'oeuvre de Gutenberg, Mendelssohn "réinvente" un choral mais à la façon contemporaine, dévoilant les forces de l'esprit contre l'obscurantisme antérieur à l'imprimerie naissante.
I
15:13 Écrit par beno dans neupré | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : patrick wilwerth, sabine conzen, stefan cifolelli, scarlett mawet, antoni sykopoulos, eglise saint-jacques de liege, choeur universitaire de liege, concert, felix mendelssohn |
Facebook |





































